Séminaire

Mésologiques : philosophie des milieux


À compter d'avril 2018, le séminaire se tiendra au Japon(informations prochainement)

Programme 2016-2017

Mésologiques, V. 

La genèse des milieux humains

anthropisation, humanisation, hominisation


2e et 4e vendredis du mois de 18 h à 20 h, du 25 novembre au 9 juin

Amphithéâtre François Furet, 105 bd Raspail, 75006 Paris, du 25 novembre 2016 au 9 juin 2017.


Responsables du séminaire :


Augustin BERQUE, directeur d'études, EHESS

Yoann MOREAU, maître-assistant, École des Mines ParisTech
Romaric JANNEL, doctorant, EPHE
Luciano BOI, maître de conférences, EHESS




Renseignements : berque@ehess.fr


Argument général :


L’intitulé « anthropisation, humanisation, hominisation » fait allusion à la thèse mise en avant par André Leroi-Gourhan, dans Le Geste et la parole (1964), au sujet de l’émergence de notre espèce, Homo sapiens. Par « anthropisation », entendons la transformation physique de l’environnement terrestre sous l’effet des systèmes techniques de l’humanité ; par « humanisation », sa transformation sémantique sous l’effet de nos systèmes symboliques ; et par « hominisation », l’effet en retour de ces transformations sur celle de l’animal en humain.

Sans l’invoquer, cette thèse était l’illustration même du propos de la mésologie contemporaine, telle que l’ont fondée l’Umweltlehre d’Uexküll et le fûdoron 風土論 de Watsuji ; à savoir le couplage dynamique de tout être vivant (Uexküll), humain en particulier (Watsuji), avec le milieu singulier (Umwelt, fûdo 風土) qui lui est propre en tant que sujet, et qui ne doit donc pas être confondu avec l’environnement universel (Umgebung, kankyô 環境) que, de son point de vue transcendantal (le « regard de nulle part »), considère la science moderne – en l’occurrence l’écologie, qui est une science de l’environnement et non, comme la mésologie, une science des milieux, autrement dit une éco-phénoménologie et une bioherméneutique. L’objet central de la mésologie n’est pas l’environnement, c’est le couplage dynamique de l’être et de son milieu propre – cela qu’Uexküll a nommé le « contre-assemblage » (Gegengefüge) de l’animal et de son milieu, et Watsuji la « médiance » (fûdosei 風土性), qu’il a définie comme « le moment structurel de l’existence humaine » (ningen sonzai no kôzô keiki 人間存在の構造契機). 

C’est ce couplage dynamique, dans ses effets et ses effets en retour, qu’il s’agit ici de saisir. Si l’on peut considérer l’anthropocène comme un effet d’anthropisation, alors il faut donc s’interroger aussi sur les contre-effets de l’anthropocène sur l’être humain et ses systèmes techno-symboliques ; et réciproquement, dans la triple interaction susdite : anthropisation, humanisation, hominisation, tant d’un point de vue rétrospectif (l’évolution, l’histoire) qu’actuel et prospectif (l’état et l’avenir de l’humain sur la Terre).

Programme des interventions :


25 novembre
- Luciano BOI : « Individuation ontogénétique des organismes biologiques et singularisation de l’espèce humaine ».
- Jean-Pierre LLORED : « L’hypothèse de l’externalisation des fonctions du corps animal : analyse et perspectives ».

9 décembre
- Diogo QUEIROS-CONDÉ : « Entropie et géométrie trans-échelle de l’anthropocène : pour une mésologie aux grandes échelles ».
- Anne SIMON : « Trouble dans l’anthropisation : l’élevage industriel en littérature ».

13 janvier
- Jean-Hugues BARTHÉLÉMY : « L’humanisme décentré ».
- Florence BRUNOIS-PASINA : « L'attachement comme mise en partage des mondes humains et non humains dans l'apprivoisement réciproque des êtres chez les Kasua de Nouvelle Guinée ».

27 janvier
- Claudine COHEN : « L'art rupestre et pariétal préhistorique comme "marque", anthropisation de la nature ».
- Claude CALAME : « Avenir de l’homme et de son environnement : au-delà de l’opposition nature/culture ».

24 février
- Dominique DOLISY : « Serions-nous capables de vivre dans une ère « post-Fukushima » à la
française ? ».
- Yoann MOREAU : « L’hominescence. Pour penser le couple humanité/planète ».

10 mars  
- Françoise DOUAY : « Réflexions mésologiques sur les figures de sens ».
- Isabelle FAVRE : « Le poète et la panthère, ou le paysage comme expérience ».

24 mars
- Frédéric FRUTEAU DE LACLOS : « Modes d’existence et genres de connaissance. Une approche interdisciplinaire des milieux de vie ».
- Frédéric JOULIAN : « Le monde mis à distance… le temps de l’évolution ».

28 avril
- Lionel LASLAZ : « Est-ce ainsi que les hommes protègent ? ».
- Noémie MERLEAU-PONTY : « Milieux de culture ».

12 mai
- LIU Nan : « L’érémitisme et la quête d’immortalité dans les milieux lettrés en Chine des Wei-Jin (IIIe-Ve siècle) : retournement du monde et émergence du paysage ».
- Ursula WIESER-BENEDETTI : « Cruelle Arcadie. Genèse d’un paysage : les grands jardins paysagers et la transformation de la campagne anglaise aux 18e et 19e ».

 9 juin
- Frédéric GIRARD : « Individu et environnement : Où commence et où finit le vivant dans le bouddhisme japonais ? ».
- Augustin BERQUE : « Anthropocène et transhumanisme ».


PROGRAMME DE L'ANNÉE 2015-2016

Les 2e et 4e vendredis du mois de 18h à 20h dans l'amphithéâtre du 105 bd Raspail, 75006 Paris.

Cheminement vers la mésologie  Parc des bambous (竹林公園) de Kyôto
Espèce : bambou de Budai (Hoteichiku 布 袋竹, Phyllostachys aurea)
(A. Berque, 
18 décembre 2012)
La question des milieux est entendue comme la spécificité du rapport que le vivant en général, ou l’humain en particulier, entretient avec son environnement. Le milieu, ce n’est pas l’environnement ; c’est la réalité de son environnement pour une certaine espèce ou une certaine culture, c’est-à-dire un certain environnement, spécifiquement approprié à/par cette espèce ou cette culture. Ce n’est pas le donné environnemental universel que, par abstraction, peut saisir la science ; c’est ce qui existe concrètement dans le monde propre à telle ou telle espèce, telle ou telle culture. Ainsi le milieu n’est ni donné, ni universel ; sa réalité singulière ne cesse de se construire, au fil contingent de l’évolution et de l’histoire, dans le rapport dynamique et réciproque d’une espèce ou d’une culture avec son environnement spécifique. Cette distinction entre milieu et environnement était déjà révolutionnaire lorsque, sous l’influence de la phénoménologie, elle apparut en biologie dans l'Umweltlehre d’Uexküll (1864-1944) et en philosophie dans le fûdoron de Watsuji (1889-1960). Elle acquiert aujourd’hui une portée nouvelle avec le bouleversement que l’épigénétique a introduit dans la question de l’évolution. De la biologie moléculaire à la crise écologique du monde actuel, du quantique à l’histoire et à la géographie, de la médecine à l'œuvre d'art et à l'architecture, le déploiement de la perspective mésologique remet en cause les fondements ontologiques et logiques de la civilisation moderne. 

Renseignements abilande@wanadoo.fr 

Guide introductif : A. BERQUE, La mésologie, pourquoi et pour quoi faire ?, Nanterre La Défense, Presses universitaires de Paris Ouest, 2014.

Augustin Berque, directeur d'études*
Luciano Boi, maître de conférences
Romaric Jannel, doctorant EPHE
Yoann Moreau, postdoctorant à l'IIAC (EHESS/CNRS)

 

Milieu et monde : l’approche mésologique de la perception


2e et 4e vendredis du mois de 18 h à 20 h (amphithéâtre François Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 13 novembre 2015 au 10 juin 2016.


Dans la mésologie (Umweltlehre) d’Uexküll, la question de la perception tient une place centrale, chaque espèce percevant le donné environnemental brut (Umgebung) d'une manière qui lui est propre, et constituant par là son milieu spécifique (Umwelt). Cette question centrale est directement liée à ce qu'Uexküll a baptisé Bedeutungslehre, l'étude de la signification, qui a fait de lui le précurseur de la biosémiotique, en même temps que son Umweltlehre faisait de lui l'un des fondateurs de l'éthologie. Fortement influencé par Uexküll, Heidegger distinguera le niveau ontologique du minéral, qui est "sans monde" (weltlos), de celui du vivant, qui est "pauvre en monde" (weltarm), et de celui de l'humain, qui grâce à la parole est "formateur de monde" (weltbildend). De son côté, la mésologie (fûdoron) de Watsuji montrait que les différentes cultures humaines perçoivent et aménagent l'environnement  naturel (shizen kankyô) d'une manière spécifique, élaborant ainsi historiquement chacune son milieu propre (fûdo), élaboration qui la structure elle-même dans ce "moment structurel de l'existence humaine" qu'est la médiance (fûdosei). Le problème de la perception apparaît ainsi intimement lié à la mésologie, donc aux notions de milieu et de monde. 

    Le séminaire entend renouer aussi avec la pensée de Merleau-Ponty comme de Simondon d’un côté, et avec l’écologie de la perception de Gibson de l’autre, en soulignant le rôle du mouvement dans la perception multimodale ainsi que l’importance de l’interaction entre la saisie corporelle de l’environnement et l’influence des propriétés de celui-ci. Nous tenterons de montrer que c’est cette interaction qui, en déployant un espace-temps singulier à partir de notre fondement terrestre, assure le développement de l’être et de sa relation signifiante au monde. De la physique à la psychologie, de la biologie à l'anthropologie, de la philosophie aux sciences sociales, de l'évolution des espèces à l'histoire humaine, de la vision bouddhique des divers niveaux de conscience jusqu'aux sciences cognitives, le séminaire approchera le problème de la perception par de multiples points de vue, pour rendre justice à sa complexité, mais avec le constant souci d'en tirer une interprétation unifiée par la relation entre milieu(x) et monde(s).


Séances prévues

13 novembre 2015
- Augustin BERQUE : Du cercle fonctionnel d'Uexküll à la trajection paysagère.
- Victor PETIT : Des effets d'Uexküll sur Canguilhem, Merleau-Ponty et Simondon.
27 novembre
- Claire SOMAGLINO : La perception du milieu en Égypte ancienne au prisme de la toponymie.
- Augustin BERQUE : La perception du milieu nippon au prisme du haïku.
11 décembre
- Jean-Baptiste BING : Mammifères à la recherche de la 3e dimension: mégaptère, roussette et humain.
- Léo MARIANI : L'odeur du durian en tant qu'odeur de mort, ou l'histoire d'une monde occidental.
8 janvier 2016
- Fabrice MILLET : Itinéraires des perceptions métropolitaines.
- Augustin BERQUE : La perception de l'espace du point de vue de la mésologie.
22 janvier
- Cécile DOUET : Perçoit-on différemment l'espace selon la langue que l'on parle ?
- Perrrine MICHON : Gestalt, perception et relation au monde.
12 février
- Marc-Williams DEBONO : Perception et plasticité active du monde.
- Augustin BERQUE : La théorie de la perception visuelle de James Gibson.
26 février
- Isabelle CHARRIER : Lee Ufan, l'art en "mi-lieu".
- Murielle HLADIK, ÔFUNE Makoto : Comment l'art contemporain permet un "détachement du regard". La relation homme/objet (mono) et la transience (utsuroi) dans l'art, dialogue avec la matière.
11 mars
- Romaric JANNEL : Yamauchi Tokuryû et les doctrines du rien-que-conscience.
- Pascal MONTEIL : La représentation en Orient et en Occident: et le monde bascule.
25 mars
- Yoann MOREAU : Les résidus nucléaires: une perspective mésologique.
- IKEDA Yûsuke : L'expérience du monde ambiant. Réflexions phénoménologiques autour du concept de monde.
8 avril
- FANG Xiaoling : L'expérience corporelle comme processus préréflexif générateur de créativité du concepteur.
- Yann NUSSAUME : Milieu et processus de conception architecturale.
22 avril (exceptionnellement de 17 à 20 h)
- Luciano BOI : Des racines biologiques de la perception humaine à sa nature multi-dimensionnelle complexe.
- Ludovic DUHEM : Les milieux de la perception : éthologie et technologie humaines selon Simondon.
- Jean-Pierre LLORED : Perception, transaction et situation en sciences de la nature : Analyse mésologique des travaux de Peirce et Dewey.
13 mai
- Quentin BAZIN : Mondes et milieux, un enjeu esth-éthique.
- Jean-Michel WIROTIUS : La sémiologie des handicaps. De la perception des formes à l'évolution des fonctions réadaptatrices.
27 mai
- ANNIETHI : "Quelque chose gris". La montée à la forme.
- Patrice BALLESTER : Le transhumanisme et la perception d'un monde pluriel à travers les mangas et animés.
10 juin
- Thomas VERCRUYSSE : Pour une mésologie de la lecture.
- Hugues ROLLAND : Lectures urbaines. Pour une alphabétisation de la ville et des paysages, les carottes sartenaises.

 

PROGRAMME DE L'ANNÉE 2014-2015

"Milieu, art et poétique"

La question des milieux, thème de ce séminaire collectif, est entendue comme la spécificité du rapport que le vivant en général, ou l’humain en particulier, entretient avec son environnement.Le milieu, ce n’est pas l’environnement ; c’est la réalité de son environnement pour une certaine espèce ou une certaine culture, c’est-à-dire un certain environnement, spécifiquement approprié à/par cette espèce ou cette culture. Ce n’est pas le donné environnemental universel que, par abstraction, peut saisir la science ; c’est ce qui existe concrètement dans le monde propre à telle ou telle espèce,telle ou telle culture. Ainsi le milieu n’est ni donné, ni universel ; sa réalité singulière ne cesse de se construire, au fil contingent de l’évolution et de l’histoire, dans le rapport dynamique et réciproque d’une espèce ou d’une culture avec son environnement spécifique. Cette distinction entre milieu et environnement était déjà révolutionnaire lorsque, sous l’influence de la phénoménologie, elle apparut en biologie dans l'Umweltlehre d’Uexküll (1864-1944) et en philosophie dans le fûdoron de Watsuji (1889-1960). Elle acquiert aujourd’hui une portée nouvelle avec le bouleversement que l’épigénétique a introduit dans la question de l’évolution. De la biologie moléculaire à la crise écologique du monde actuel, du quantique à l’histoire et à la géographie, de la médecine à l'œuvre d'art et à l'architecture, le déploiement de la perspective mésologique remet en cause les fondements ontologiques et logiques de la civilisation moderne.Ce séminaire collectif avait pour thème, cette année, « Milieu, art, poétique ».  Ont eu lieu les exposés suivants

Calendrier des séances : 

 
14 novembre 2014 :
- Luciano BOI : "Comment les choses prennent forme entre l'esprit et le site"
28 novembre :
-Yann NUSSAUME : "Le développement durable chez l'architecte WANG Shu"
- Isabelle FAVRE : "Poétique de l'écoumène, pulsation des choses"
12 décembre :
- Ludovic DUHEM : "L'appel du monde. Art, mésologie, technologie"
- Myriam DAO : "Mésologie chez les Hani du Yunnan, terre et tissu"
9 janvier 2015 :
- Jean-François COULAIS : "Philippe Jaccottet et la poésie des milieux"
- Fabienne JOLIET "Mésologie inuit, l'envers du Grand Blanc"
23 janvier :
- Martine BOUCHIER : "Le milieu comme ressource pour l'art, l'art comme expérience du milieu"
- Lenice da Silva LIRA : "La peinture de paysage comme apparition et création de milieux"
13 février :
- SHIONO Eiko : "Hervé, compositeur français influencé par le paysage japonais"
- Fabio LA ROCCA : "Les ambiances sensibles et le milieu existentiel"
27 février :
- Jean-Baptiste BING : "La chasse aux nuages, une nouvelle pratique paysagère ?"
13 mars :
- Julie BROCK : "Le vent d'automne et les larmes de rosée - un point de vue écouménal sur un poème du Man'yôshû -"
- Christiane GARNERO MORENA : "Le paysage des Rivieras: invention, poétique, transformation"
3 avril :
- Caroline ALDER : "Le cimetière de la Ciudad abierta de Ritoque et les esprits de la vallée"
- Martin de la SOUDIÈRE : "Neige d'antan, neige d'ailleurs"
10 avril (exceptionnellement en salle 7)
- Claude CALAME : "Espaces cultuels dessinés dans la tragédie grecque"
- Lucas LAZZAROTTO : "Du jardin de sculptures aux structures d'ambiances"
17 avril :
- Damien FAURE : "Espaces intercalaires" (film)
22 mai :
- Sébastien Baudoin: "La poétique du paysage dans l'oeuvre de Chateaubriand : l'exemple du milieu américain"
- Ana GUEVARA : "Les tayils mapuche (Argentine): poétique du paysage?
12 juin :
- Augustin BERQUE : "Mésologie du haïku" 


PROGRAMME DE L'ANNÉE 2013-2014

Mésologie, Umweltlehre, fûdoron : racines épistémologiques et débats actuels
Les 2e et 4e vendredis du mois de 18h à 20h (amphithéâtre,  105 bd Raspail 75006 Paris).

La question des milieux est entendue comme la spécificité du rapport que le vivant en général, ou l’humain en particulier, entretient avec son environnement. Le milieu, ce n’est pas l’environnement ; c’est la réalité de son environnement pour une certaine espèce ou une certaine culture, c’est-à-dire un certain environnement, spécifiquement approprié à/par cette espèce ou cette culture. Ce n’est pas le donné environnemental universel que, par abstraction, peut saisir la science ; c’est ce qui existe concrètement dans le monde propre à telle ou telle espèce, telle ou telle culture. Ainsi le milieu n’est ni donné, ni universel ; sa réalité singulière ne cesse de se construire, au fil contingent de l’évolution et de l’histoire, dans le rapport dynamique et réciproque d’une espèce ou d’une culture avec son environnement spécifique. Cette distinction entre milieu et environnement était déjà révolutionnaire lorsque, sous l’influence de la phénoménologie, elle apparut en biologie dans l'Umweltlehre d’Uexküll (1864-1944) et en philosophie dans le fûdoron de Watsuji (1889-1960). Elle acquiert aujourd’hui une portée nouvelle avec le bouleversement que l’épigénétique a introduit dans la question de l’évolution. De la biologie moléculaire à la crise écologique du monde actuel, du quantique à l’histoire et à la géographie, de la médecine à l'œuvre d'art et à l'architecture, le déploiement de la perspective mésologique remet en cause les fondements ontologiques et logiques de la civilisation moderne.


8 novembre : Augustin BERQUE "Mésologie et poétique de la Terre" 
22 novembre : Claude PLOUVIET "Vision transdisciplinaire du tiers inclus contradictoire" 
13 décembre : Didier ROUSSEAU-NAVARRE "Art et mésologie" 
10 janvier : Louis MAITRIER, "De la mésologie au projet d'architecture" 
24 janvier : Claude CALAME "Prométhée généticien? Perspective anthropopoïétique pour dépasser l'opposition nature-culture"
14 février : Daniel EJNES & Emmanuelle LADET "Handicap neurologique: une mésologie clinique?" 
28 février : KURATA Takashi "Mesological life in 1928" 
14 mars : Patricia MARMIGNON "Milieu urbain et socialité nippone" 
28 mars : Mathieu Arminjon, "Théorie des milieux, biosémantique et psychologie populaire"  
11 avril : Marie-Pierre LASSUS "Mésologie, musique et musique des sens" 
16 mai : Sarah BORTOLAMIOL & Marie Cibot, "Milieu chimpanzé, milieu humain à Sébitoli (Ouganda)"
23 mai : Francine ADAM "La médiation toponymique"
13 juin : Luciano BOI "Sur la symbiose biologique, ou des relations entre vivants et milieux”


PROGRAMME DE L'ANNÉE 2012-2013


Le séminaire collectif "Mésologiques /風土論 / Umweltlehre"  se propose d'esquisser les outils conceptuels qui permettent aujourd'hui de reconstruire, sur de nouvelles bases épistémologiques, la connexion vitale entre sciences naturelles et sciences humaines, en vue de parvenir à leur intégration profonde, y compris dans les applications médicales et architecturales. Il s'agira en particulier des interactions entre les différents milieux vivants (animal, végétal, écosystémique) et les milieux humains (géospatiaux, anthropologiques et symboliques).

Les personnes qui ces dernières années ont pu suivre les publications ou les enseignements d'Augustin Berque, notamment le séminaire "Questions de mésologie", pourront, après une interruption d'un an, retrouver ce thème à l'EHESS à partir de la rentrée 2012 sous la forme d'un séminaire collectif mensuel, intitulé "Mésologiques", qui sera coordonné par Augustin Berque et Luciano Boi. Précisions suivront dans quelque temps quant aux dates, thèmes, intervenants et horaires de ce nouveau séminaire.

"MESOLOGIQUES" :
Le séminaire Mésologiques, dirigé par Augustin Berque et Luciano Boi, accueillera des communications centrées sur la question des milieux, entendue comme la spécificité du rapport que le vivant en général, ou l’humain en particulier, entretient avec son environnement. Le milieu, ce n’est pas l’environnement ; c’est la réalité de son environnement pour une certaine espèce ou une certaine culture, c’est-à-dire un certain environnement, spécifiquement approprié à/par cette espèce ou cette culture. Ce n’est pas le donné environnemental universel que, par abstraction, peut saisir la science ; c’est ce qui existe concrètement dans le monde propre à telle ou telle espèce, telle ou telle culture. Ainsi le milieu n’est ni donné, ni universel ; sa réalité singulière ne cesse de se construire, au fil contingent de l’évolution et de l’histoire, dans le rapport dynamique et réciproque d’une espèce ou d’une culture avec son environnement spécifique. Cette distinction entre milieu et environnement était déjà révolutionnaire lorsque, sous l’influence de la phénoménologie, elle apparut dans les années trente en biologie dans les travaux d’Uexküll et en philosophie dans ceux de Watsuji. Elle acquiert aujourd’hui une portée nouvelle avec le bouleversement que l’épigénétique introduit dans la question de l’évolution. De la biologie moléculaire à la crise écologique du monde actuel, de l’ontologie du quantique à l’histoire et à la géographie, le déploiement de la perspective mésologique remet en cause les fondements dualistes et mécanistes de la modernité. C’est à cette ouverture d’un monde nouveau que le séminaire Mésologiques entend contribuer.

Les séances auront lieu le vendredi salle 1, 105 bd Raspail 75006 Paris.

- 11 janvier (de 17 h 30 à 20 h 30) : Augustin Berque, "Logos et lemme dans la dynamique des milieux".
- 25 janvier (de 17 h 30 à 20 h 30) : Augustin Berque "Médiance, morale, religion".
- 15 février (de 18 h à 21 h, salle M. et D. Lombard, 96 bd Raspail) : Yoann Moreau, "La réalité des catastrophes: quelques principes mésologiques".
- 8 mars (de 17 h 30 à 20 h 30, salle 7, 105 bd Raspail) : Yann Nussaume, "Le milieu dans l'architecture d'Andô Tadao" & Hugues Rolland "Milieu et pratiques architecturales en Corse" (l'intervention de M. Kioka Nobuo ayant été annulée pour raison de santé)
- 22 mars (de 18 h à 21 h, salle M. et D. Lombard, 96 bd Raspail) : Daniel Ejnes & Emmanuelle Ladet, "Mésologie et handicap neurologique: le double diagnostic de l'homme et de son milieu".
- 12 avril (de 17 h 30 à 20 h 30, salle 7, 105 bd Raspail) : Sarah Vanuxem, "Pour une approche mésologique de la notion de chose en droit".
- 17 mai (de 18 h à 21 h, salle 7, 105 bd Raspail) : Marie-Antoinette Maupertuis, "Economie territoriale et milieu".
- 14 juin (de 17 h 30 à 20 h 30, salle 7, 105 bd Raspail) : Luciano Boi "Repenser l'évolution et l'hérédité à partir de l'épigénétique".

Contacts : berque(at)ehess.fr ; boi(at)ehess.fr .

UNIVERSITÉ DE CORSE (chaire de mésologie)

Conférencier invité : Augustin Berque. 

Ardent refondateur de l’étude des milieux humains, promoteur de la mésologie (science des milieux ), directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales et chercheur associé au laboratoire "Architecture, milieu, paysage" de l'École nationale supérieure d'architecture de Paris La Villette, le géographe et philosophe Augustin Berque  rappelle que la relation entre une société et son environnement est toujours à la fois écologique, technique et symbolique. Seule la prise en compte simultanée et intégrée de ces trois dimensions permet une relation équilibrée et donc un développement durable.  Cette exigence vaut particulièrement lorsqu’il s'agit d’aménager l'espace :  en architecture, en urbanisme, en paysagisme,  on ne peut pas se contenter du rationalisme dualiste et mécaniste qui a régi le fonctionnalisme moderne, mais on ne peut davantage l'ignorer.  Nous avons besoin d'une rationalité plus complexe, celle des "prises écouménales" qui nous permettront de créer des espaces adaptés à une plus juste habitation de la Terre. Tel sera le thème du premier séminaire proposé par la chaire de mésologie de l'Université de Corse :

Le milieu humain : une analyse en termes de « prises écouménales »

La notion de « prises » dans la pensée mésologique vise à cerner le rapport que l'être humain entretient avec la réalité des choses de son environnement. Ce rapport prend forme notamment dans les mots qui représentent les choses, mais que sous-tendent nécessairement nos sens, nos pensées et nos actions. La concrétude de ce rapport interpelle la mésologie, où elle se traduit par l’idée que les mots et les choses grandissent ensemble. Ce rapport détermine le sens que nous donnons à la réalité à travers ses composantes, les choses, qui en ce sens-là deviennent des "prises  écouménales". Celles-ci à la fois nous permettent d'agir et nous incitent à le faire d'une certaine manière. Augustin Berque identifie quatre types de prises : les ressources, les contraintes, les risques et les agréments. Ces notions peuvent constituer une grille d’analyse renouvelée des relations écologiques, techniques et symboliques qui font un milieu humain.
  • Le premier séminaire (mardi 12 juin) situera la notion de prise écouménale par rapport à diverses notions apparentées dans les sciences humaines et la philosophie, notamment celle d'affordance (prise)  dans l'écologie de la perception selon James Gibson.
  • L’objectif du second séminaire (jeudi 14 juin) est d’approfondir les quatre prises écouménales dans la perspective d’éclairer sous un nouveau jour l’argument traditionnel de la tension économique entre besoins et rareté, et la question  très actuelle de la gestion durable des ressources naturelles dans son rapport avec les tendances de l'habitat dans les pays riches (l'urbain diffus).
Contacts: nanette.maupertuis(at)wanadoo.fr ; vannina.b(at)wanadoo.fr